Des centaines d'alpinistes sont bloqués au camp de base de l'Everest dans l’Himalaya, où un sérac instable d’une trentaine de mètres bloque l’accès à la voie principale, retardant le début de la saison d’ascension vers le toit du monde, ont indiqué vendredi des responsables et des alpinistes.
La saison annuelle d’ascension du sommet de 8.849 mètres s’étend d’avril à mai, période durant laquelle les conditions météorologiques sont les plus favorables pour atteindre ce pic balayé par les vents et recouvert de glace. Cette année, toutefois, un immense bloc de glace, instable et dangereux, obstrue le passage au-dessus du camp de base.
Les sherpas expérimentés, appelés localement "icefall doctors" n’ont jusqu’à présent pas réussi à fixer leurs cordes, poser des échelles et tracer une voie sûre à travers la redoutable cascade de glace du Khumbu jusqu’au camp II. Dans l’intervalle, les alpinistes, impatients d’entamer leur ascension alors que la fenêtre météo est favorable, sont contraints d’attendre.
"Toutes les expéditions sont retardées à cause de cette impasse", a déclaré à Reuters Garrett Madison, de la société américaine Madison Mountaineering, depuis le camp de base, ajoutant que le sérac "semble sur le point de s’effondrer d’un moment à l’autre, même si cela pourrait encore prendre un certain temps". Il dirige une équipe d'alpinistes internationaux pour sa 16e ascension.
LA VOIE EST HABITUELLEMENT OUVERTE À CETTE ÉPOQUE
La route est généralement ouverte dès la troisième semaine d’avril, a indiqué Himal Gautam, du département népalais du Tourisme.
"Si le sérac fond ou s’effondre maintenant, permettant aux 'icefall doctors' d’ouvrir la voie, les alpinistes pourraient encore effectuer leurs tentatives de sommet dans les délais", a-t-il précisé.
Dans le cas contraire, les autorités enverront davantage de sherpas pour évaluer les risques et explorer des itinéraires alternatifs. Huit "icefall doctors" se trouvent actuellement au camp de base, selon les autorités.
Mingma Sherpa, alpiniste ayant atteint le sommet de l’Everest à 11 reprises et dirigeant une équipe internationale au camp de base, a indiqué que les rotations d’acclimatation et le transport de matériel vers les camps supérieurs sont retardés.
L’Everest se situe à la frontière entre le Népal et la région chinoise du Tibet, et peut être gravi des deux côtés, bien que la plupart des alpinistes empruntent la voie népalaise.
L’alpinisme constitue une source majeure de revenus et d’emplois pour le Népal, qui abrite huit des quatorze plus hauts sommets du monde. Les autorités ont délivré 410 permis d’ascension pour l’Everest cette saison, au prix de 15.000 dollars (12.804 euros) chacun. Il n’existe pas de limite au nombre de permis délivrés, ce qui suscite des critiques parmi les experts de l’alpinisme en raison du risque de congestion dans la "zone de la mort", où l’air est extrêmement raréfié.
Parmi les alpinistes en attente figurent 98 grimpeurs, dont 24 femmes, venus de Chine, le plus grand contingent national cette saison. Les données officielles indiquaient également 49 alpinistes en provenance des États-Unis et 46 d'Inde.
Lukas Furtenbach, de l’agence autrichienne Furtenbach Adventures, qui dirige un groupe de 40 alpinistes internationaux, a indiqué s’attendre à une hausse du nombre de grimpeurs côté népalais, la Chine ayant fermé cette année l’accès au versant tibétain pour des raisons inconnues, poussant davantage d’alpinistes vers le sud.
(Gopal Sharma, version française Elena Smirnova, édité par Blandine Hénault)

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